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Vieillir en beauté

Vieillir en beauté - Marc Bélanger

J’avais vu de belles chemises à carreaux, dans les tons rouge brique, bleu clair et orangé pour l’une et vert bouteille et jaune mimosa pour l’autre. Elles étaient exactement à ma taille, mais je ne savais pas laquelle choisir. Je demandais son avis à une vendeuse, mais elle n’arriva pas à se prononcer clairement : les deux m’allaient, à son avis. Un client cherchait son bonheur parmi les pantalons en toile denim. Je l’interpellais sympathiquement pour avoir son avis. Il me regarda avec attention ; son sourire me revint immédiatement en mémoire. Nous ne nous étions pas vus depuis notre adolescence, mais j’aurais reconnu ce demi-sourire moqueur n’importe où. Luigi avait grandi en Italie, puis il s’était installé dans une de nos grandes villes. Nous nous étions connus à l’âge où les garçons jouent encore aux petites voitures et aux billes. Il avait déménagé vers l’âge de quinze ans pour partir à l’autre bout du pays. Je ne l’avais plus jamais revu, ni eu de ses nouvelles depuis son départ.

Nous étions si contents de nous revoir, que nous n’avons pas fait attention, et nous sommes sortis sans rien acheter du magasin. Il m’invita dans un restaurant qui préparait, selon lui, les meilleures pâtes de toute la ville. Leurs tagliatelles étaient si bonnes, qu’il faisait toujours un détour par cet établissement. Il me raconta tout ce qui s’était passé dans sa vie, ses trois mariages, ses quatre enfants, son entreprise florissante et sa grande maison, où je fus invité le weekend d’après notre rencontre. J’appréciais sa bonne humeur et ses gestes amples. Sa culture méditerranéenne n’était pas étrangère à ce comportement, à mon avis.

Nous avions tous les deux pris de l’âge, et, comme un bon bourbon, nous avions bien vieilli. Il m’expliqua qu’il commençait à avoir des varices. Je lui parlais de mes problèmes d’épaules. Quand le moment de nous séparer fut venu, nous nous sommes quittés en nous promettant de nous revoir le weekend d’après. Je me préparais à une grandiose demeure, je fus très surpris de découvrir une maison assez simple en bardeaux peints en blanc. Le porche était charmant, encadré d’un rosier odorant avec de grosses fleurs tombant en cascade. Lorsque je suis entré, je fus étonné de voir que l’ameublement était composé d’une table en bois massif entourée de deux gros bancs. La cheminée était allumée et elle répandait une douce chaleur en cette fraîche soirée de printemps. Tout était présent pour que je passe un bon moment avec mon ami.

 

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Je cherche à travers ce blogue à vous parler des femmes, non plutôt de la chasse, quoique certains pensent que l’un va avec l’autre. Mais non, je vous mène un bateau. Je suis un pécheur… ou un pêcheur ?? Amateur de vélo, je perds facilement les pédales parait-il. Mais non, j’avoue, c’est moi Zorro… mais ne me recherchez pas mon numéro aussi est masqué. Finalement tout est relatif, alors j’adore les relations. Mais ne vous en faites pas, je sais aussi être tendre et soumis à mes heures…