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Une grosse crainte

Une grosse crainte - Marc Bélanger

Il y a des images comme ça, que l’on peut se permettre d’avoir pendant notre jeunesse, mais qui peuvent paraître totalement ridicules lorsque l’on est adulte, et qu’en plus, l’on travaille dans une entreprise où une bonne image de sa personne est primordiale. C’est ce qui m’arrivait un jour, alors que ma présence était obligatoire au niveau du département des communications. Nous avions à préparer deux programmes événementiels très importants, qui devaient nous servir de tremplin pour notre carrière. J’arrivais ce matin-là, avec une rage de dents et un abcès, qui faisaient que j’avais la moitié du visage en forme de poire. Au début, les autres n’osent pas vous regarder en face. Par la suite, il faut subir toutes les messes basses pendant un temps avant que quelqu’un n’ose venir vous parler de la chose. Dès que le dialogue est ouvert, prend place tout un manège de fausse rigolade. On viendra même jusqu’à vous taper sur l’épaule.

Lorsqu’il devient impossible de se présenter face à une clientèle, on a le devoir et l’obligation, de laisser place à quelqu’un d’autre pour la survie de l’entreprise. C’est ainsi que l’on a vu plus d’une fois, des personnes perdre leur place au sein même de leur propre entreprise. Céder sa place, c’est faire preuve de faiblesse. Comme il est aussi de rigueur de ne jamais faire reculer les projets d’une compagnie, ces propres sacrifices sont à prendre en compte. L’occasion faisant toujours le larron, il faut savoir comment plier, tout en restant ferme. Un problème de ce genre peut être interprété comme un délit de faciès, si l’on vient à faire quelques comparaisons.

Mon assistante, qui voyait bien que je ne desserrais pas les dents de colère, me donna l’adresse du meilleur dentiste Cote-Vertu, en me précisant qu’elle avait déjà pris rendez-vous pour moi, et qu’il m’attendait immédiatement. Je savais que ce n’était pas la peine d’y aller, étant donné qu’il fallait que j’attende que l’infection passe, et que cela dégonfle, tout simplement. J’y allais quand même, une heure plus tard. Le dentiste était d’origine japonaise. Il frotta avec ses doigts mes gencives avec de l’essence de clou de girofle. Il me fit une sorte de ponction, et me massa encore les gencives pendant une minute. En sortant de son cabinet, ma joue avait dégonflée de moitié. En arrivant au travail, j’étais passé d’un œuf de poule, à un œuf de pigeon, question grosseur. Un quart d’heure avant la venue des clients, je n’avais presque plus rien. Rappelez-vous tout de même cette chose, si vous voulez créer une compagnie, sachez avoir une très bonne assistante.

 

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Je cherche à travers ce blogue à vous parler des femmes, non plutôt de la chasse, quoique certains pensent que l’un va avec l’autre. Mais non, je vous mène un bateau. Je suis un pécheur… ou un pêcheur ?? Amateur de vélo, je perds facilement les pédales parait-il. Mais non, j’avoue, c’est moi Zorro… mais ne me recherchez pas mon numéro aussi est masqué. Finalement tout est relatif, alors j’adore les relations. Mais ne vous en faites pas, je sais aussi être tendre et soumis à mes heures…