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Un ami devenu philosophe

Un ami devenu philosophe - Marc Bélanger

Il y a quelques années, j’avais un ami dont le malheur avait été de perdre son frère et sa belle-sœur, dans un accident de voiture. Il avait, avec sa mère et son autre frère, fait des pieds des mains pour avoir la garde de ses neveux. Il avait eu aussi comme devoir, de faire la gestion de patrimoine laissé par son frère et sa belle-sœur, pour l’avenir de ses neveux. Il en résultait qu’après la première étude faite par un conseiller, son frère avait fait quelques emprunts assez importants, pour acheter des biens pour le confort financier futur de ses enfants. Il était resté une dizaine d’années à gérer ce patrimoine pour ses neveux, avant qu’ils n’aient tous les deux leur majorité, en oubliant de vivre sa vie, et de se créer à lui-même son propre patrimoine. Une fois son devoir fait, il se retrouvait seul, les bras ballants, ne sachant réellement se donner une raison de vivre. Sa seule chance a été que son plus jeune neveu revienne vers lui pour lui demander de continuer la gestion de sa part de patrimoine, sans oublier de lui donner un pourcentage sur les biens acquis depuis le décès de son propre père. Il en résulta une guerre fratricide entre les deux jeunes neveux, qui dura quelques années.

Je le revoyais un jour dans un bar, alors qu’il venait de sortir du mariage de son deuxième neveu. En guise de cadeau de mariage, il lui avait offert tout ce qu’il possédait. Il en avait plus qu’assez de gérer l’argent des autres, et même le sien. Il avait décidé d’aller vivre dans une petite banlieue non loin de Québec, où les besoins journaliers se limitaient à un sandwich, une bonne bière, et lire le journal toute la journée. Je trouvais cela plutôt simple de finir de cette façon, surtout qu’il était encore assez jeune pour jouer le papy, caché dans sa cabane. Il m’avouait que l’on ne pouvait pas comprendre ce que c’était que gérer l’avenir des autres, et de veiller sans cesse, à faire que les imprévus ne puissent se dresser sur le chemin d’autrui, quand on ne l’avait pas fait. Il se sentait moralement et mentalement fatigué, et n’aspirait qu’à passer ces dernières années à ne vivre qu’au jour le jour, sans avoir la moindre appréhension envers le futur qu’il ne connaissait pas. C’est ainsi que je comprenais que j’avais intérêt à faire les bons choix en ce qui concerne mon amour-propre.

 

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Je cherche à travers ce blogue à vous parler des femmes, non plutôt de la chasse, quoique certains pensent que l’un va avec l’autre. Mais non, je vous mène un bateau. Je suis un pécheur… ou un pêcheur ?? Amateur de vélo, je perds facilement les pédales parait-il. Mais non, j’avoue, c’est moi Zorro… mais ne me recherchez pas mon numéro aussi est masqué. Finalement tout est relatif, alors j’adore les relations. Mais ne vous en faites pas, je sais aussi être tendre et soumis à mes heures…